Sunday, July 06, 2008

déménagement

Ce blog vient de déménager ici.

Sunday, June 29, 2008

Thursday, June 26, 2008

vivre boire et mourir

Il existe deux manières d'exprimer son affection à un père qui boit trop: le réprimander à chaque fois qu'il tente de lever le coude, ou le laisser boire mais le raccompagner chez lui sain et sauf une fois qu'il est ivre mort.

On peut comprendre les deux attitudes. Les partisans de la réprimande font preuve d'exigence. Celle qu'on impose seulement à ceux qu'on aime. Ces réprimandes là valent plus chers que n'importe quelle indulgence, car il ne s'agirait pas d'indulgence, mais de négligence, voire d'indifférence que de ne pas ponctuer chaque gorgée de vin du paternel d'un: "papa, arrête de boire comme ça, tu vas te ruiner la santé! Tu veux voir grandir tes petits enfants oui ou merde? " Et qu'importe si un verre de plus ou de moins n'aura que peu d'incidence sur la santé d'un père au crépuscule de sa vie. Au contraire, ne pas le lui reprocher serait capituler face au temps qui passe.

Oui mais voilà pensent les partisans du laisser-faire, le temps passe sans qu'on ne puisse rien y faire. Et le papa, comme la maman, finit par mourir avec ou sans alcool. Lui reprocher ses excès, c'est se cacher derrière l'illusion confortable que l'alcool entraîne la mort, alors qu'en fait, c'est la vie qui entraîne la mort. Alors laissons-le terminer sa vie comme il l'entend: complètement bourré s'il en a envie, avec quelques jours d'avance ou de retard, quelle importance, pourvu que ces derniers jours soient remplis de bonnes choses, à défaut d'être éternels.

Wednesday, June 25, 2008

J


J drinks bloody mary at brunch, as many americans allegedly do, and can't believe wine loving French people have boring orange juice and coffee instead.

J will probably forever be remembered by the Cafe of charbon's barman, as he had never served bloody mary with brunch to anyone before.

J is found on her blog, gmail, im, facebook, twitter, linkedin, dopplr, tripit, skype, but never at home.

J types so fast and vigorously on her laptop that the sound could be used as a machine gun sound effect for a war movie.

J thinks her father drinks a lot, but rather than chide him, she would drive him home and put him to bed once he's smashed.

J's sentimental life is complicated right now.

J ate all the pickles in my fridge.

J is the youngest daughter of one of my mother's mother's brother's son. That is how we are related.

Thursday, June 19, 2008

pour la légalisation du dopage

Oui, bien sûr, le dopage dans le sport c'est mal, c'est de la triche, et tricher c'est mal, alors il ne faut pas se doper. Mais voilà: tout les sportifs se dopent.

Prenons par exemple le football, le plus populaire des sports: la France 98? tous dopés. La Corée de 2002? tous dopés, les Italiens de 2006? tous dopés, les Russes de 2008 ? tous dopés, les joueurs du championnat de France, la ligue la plus médiocre et la moins riche des ligues européennes? tous dopés.

Il ne faut pas être dans le saint des saints pour partager ce secret de polichinelle: le dopage généralisé est une évidence pour n'importe qui ayant un peu côtoyé le monde du sport de haut niveau, quelle que soit la discipline, surtout les plus populaires d'entre elles. Et ce n'est pas le peu d'entrain qu'a mis l'UEFA dans ses contrôles anti-dopage qui nous contredirait.

Alors arrêtons l'hypocrisie, nivelons la médecine du sport par le bas et légalisation le dopage. Après tout, il existe un sport où le sportif n'y est presque pour rien et la science presque pour tout: la formule 1. Et Senna ou Schumacher n'en sont pas moins des grands champions. Certes, mais la formule 1 moderne est chiante nous dira-t-on...

Monday, June 02, 2008

vu, lu, ou entendu cette semaine


30/05/2008
Station de métro "Grands Boulevards",
à l'entrée du quai de la ligne 9 direction Mairie de Montreuil.

vu, lu, ou entendu cette semaine

"Tout homme pour vivre a besoin de fantômes esthétiques. Je les ai poursuivis, cherchés, traqués. Je suis passé par bien des angoisses, bien des enfers. J'ai connu la peur et la terrible solitude. Les faux amis que sont les tranquillisants et les stupéfiants. La prison de la dépression et celle des maisons de santé. De tout cela, un jour, je suis sorti, ébloui mais dégrisé. Marcel Proust m'avait appris que "la magnifique et lamentable famille des nerveux est le sel de la terre". J'ai, sans le savoir, fait partie de cette famille. C'est la mienne. Je n'ai pas choisi cette lignée fatale, pourtant c'est grâce à elle que je me suis élevé dans le ciel de la création, que j'ai côtoyé les faiseurs de feu dont parle Rimbaud, que je me suis trouvé, que j'ai compris que la rencontre la plus importante de la vie était la rencontre avec soi-même, pourtant j'ai choisi aujourd'hui de dire adieu à ce métier que j'ai tant aimé."
Yves Saint Laurent

Thursday, May 29, 2008

vu, lu, ou entendu cette semaine

"I am enclosing two tickets to the first night of my new play; bring a friend... If you have one..."
George Bernard Shaw to Winston Churchill








"Cannot possibly attend first night, will attend second... If there is one..."
Winston Churchill to George Bernard Shaw

Tuesday, May 20, 2008

La grosse tête

Le point commun de tout progrès scientifique n'est-il pas de gagner du temps? D'après mon patron, pour qui le savoir et le temps sont deux obsessions pathologiques, il reste un domaine où l'on n'a pas réussi à gagner du temps: l'apprentissage. Car si nous savons voyager plus vite, calculer plus rapidement, informer presque instantanément, ou vivre de plus en plus longtemps, il nous faut toujours environ 5000 heures pour apprendre une langue étrangère, ce qui était déjà le cas un siècle auparavant.

Comment apprendre plus vite? Les sciences cognitives nous fourniront sûrement un jour une réponse. La science fiction nous propose déjà des pistes imaginaires, faisant de nous des mi-hommes mi-machines. Mais rassurez-vous, nous n'aurons peut-être pas à nous enfoncer un câble derrière le cou pour apprendre le Kung-fu en 10 minutes comme dans Matrix.

Pour mon patron, la réponse se trouve dans l'événement majeur qui a permis à l'ancêtre de l'homme d'apprendre plus vite, d'accélérer son évolution, et finalement, de surclasser toutes les autres espèces animales. Il y a des millions d'années donc, durant l'ère paléolithique, nos ancêtres les Australanthropes se redressent sur leurs deux pattes arrières, permettant ainsi de supporter un cerveau plus lourd et volumineux. Et ils ne vont pas se priver: d’environ 600 cm3, le cerveau passe à 1000 cm3 chez les Archanthropes, puis enfin à 1400 cm3 chez les Néanthropes (nous), il y a 90'000 ans.

Si nous trouvions les conditions pour que le volume de notre cerveau grandisse encore, nous pourrions alors nous réveiller un lundi matin bilingues pour nous coucher trilingues le dimanche suivant. Or le volume de notre tête est limité par une contrainte majeure: la taille de l'ouverture par laquelle nous devons passer pour venir au monde.

La prochaine rupture dans l'évolution humaine viendrait donc lorsque des utérus artificiels hors du ventre de maman accueilleront les foetus. Mon patron en semble persuadé. Je reste un peu dubitatif, mais sa réflexion me confirme une autre vérité: que c'est vraiment le sexe des femmes qui nous rend bêtes, nous les hommes.

Friday, April 25, 2008

vu, lu, ou entendu cette semaine

"A living being usually has two elements: a set of instructions that tell the system how to sustain and reproduce itself, and a mechanism to carry out the instructions. In biology, these two parts are called genes and metabolism. But it is worth emphasising that there need be nothing biological about them. For example, a computer virus is a program that will make copies of itself in the memory of a computer, and will transfer itself to other computers. Thus it fits the definition of a living system, that I have given. Like a biological virus, it is a rather degenerate form, because it contains only instructions or genes, and doesn't have any metabolism of its own. Instead, it reprograms the metabolism of the host computer, or cell. Some people have questioned whether viruses should count as life, because they are parasites, and can not exist independently of their hosts. But then most forms of life, ourselves included, are parasites, in that they feed off and depend for their survival on other forms of life. I think computer viruses should count as life. Maybe it says something about human nature, that the only form of life we have created so far is purely destructive. Talk about creating life in our own image."

Stephen Hawking

Monday, April 14, 2008

DJ


Mon cousin DJ s'allume une cigarette en sortant du musée d'art moderne de Seoul, où deux de ces oeuvres sont exposées et me tend son paquet:

- "T'en veux une?"
- "Non merci, je ne fume plus."
- "Ah bon? Mais tu as arrêté quand?"
- "Oh, à peu près il y a 8 ans..."

8 ans que j'ai arrêté la clope et mon cousin, le fils aîné du frère de ma mère, n'est pas au courant. Parce que ça fait 14 ans que nous ne nous sommes pas vus. 14 ans sans aucun contact. 14 ans de vies radicalement opposées, à parler des langues différentes, à rencontrer des gens sans rapport, à vivre dans des mondes éloignés.

Pourtant, nos retrouvailles ne sont ni étranges, ni particulièrement émouvantes. Elles sont simples comme cette bière bon marché partagée dans un bar reculé du fin fond de Seoul, au fin fond de la nuit. Simples comme de se retrouver après tant d'années, et de constater que malgré tout, nous partageons l'essentiel pour nous comprendre: ces détails qui nous font sourire ou vibrer. Comme ce concerto #1 pour piano de Brahms enregistré lors d'un concert d'Hélène Grimaud, et qui nous émeut tant parce qu'en l'écoutant attentivement, on l'entend respirer.

Wednesday, March 19, 2008

Sunday, March 16, 2008

love chaos and mayhem

Un couple sur deux divorce dans cette ville.
Un foyer sur deux qui se déchire, presque autant d'enfants traumatisés, d'existences gâchées.

Grande ville en désordre,
Energie perdue dans sa direction.

Le divorce, c'est le mal. Tuons le divorce. Et pour tuer le divorce, tuons l'amour.

Tuons-le, sans pitié aucune.

Personne ne le regrettera, l'amour n'est pas précieux, rodant partout et étalant sa vulgarité. Découpons-le en petits bouts et mangeons-le en barbecue, enveloppé dans une feuille de laitue bien croquante et fraiche.
Car si l'on se marie sans s'aimer, il n'y a plus aucune raison de divorcer. Et si l'on ne divorce plus, on pourra alors consacrer toute son énergie à la seule cause qui vaille: se faire beaucoup beaucoup d'argent pour devenir très très riche.

Un monde sans amour et beaucoup d'argent. Utopie ultime.

Wednesday, February 06, 2008

vu, lu, ou entendu cette semaine

"Wine and food are like a man and a woman. Either they fight or they get along. When they get along, it's wonderful. When they fight, it's dreadful. I took classes to understand wine better, and when I began to understand wine, I realized it's not normal to choose a dish and then to choose a wine. Wine is a work of art that is corked and finished. A cook can modify his recipe up to the last minute. So we can make a dish that goes with a wine instead of the other way around. For me that is the pinnacle of gastronomy.
[...]

There are not too many natural accords between wine and cheese. It's like Beethoven—or Mozart, I can't remember which—who said that making beautiful music is all about finding two notes which love each other."

Alain Senderens


Vinaigrette(s)

Après quelques expérimentations culinaires malheureuses inspirées d'un livre de recettes pour enfants s'intitulant "Les desserts sans maman", la sauce vinaigrette a été ma première réalisation en cuisine. Depuis, je prends toujours autant de plaisir à la faire.

Au début, la vinaigrette est rudimentaire: une portion d'huile, une demi portion de vinaigre, sel et poivre.

Puis, on découvre qu'en ramenant les proportions à 1/3 de vinaigre pour 2/3 d'huile, la vinaigrette s'adoucit. On se rend compte aussi que certains ingrédients que l'on considérait indispensables peuvent être supprimés: le citron remplace un jour le vinaigre, puis peut disparaître à son tour au profit de sauce ponzu ou de soja, ce qui entraîne le remplacement de l'inamovible huile d'olive par de l'huile de noix ou de sésame.

Vient ensuite le moment où l'on découvre qu'il existe d'autres ingrédients capables d'enrichir la sauce: la moutarde et les échalottes la relèvent, quelques gouttes de lait ou de crème lui procurent épaisseur et douceur, la ciboulette ou l'estragon l'enrichissent de subtiles saveurs.

Je me souviens qu'étant jeune lycéen je défiai mon cousin de 10 ans plus âgé que moi dans un concours de vinaigrette. J'étais sûr de mon coup et serein, certain que ma vinaigrette à la moutarde surpasserait n'importe quelle vinaigrette au monde. D'autant que j'avais récémment apporté une innovation majeure à ma recette: l'utilisation d'une fourchette en lieu et place de la cuillère pour le touillage, qui procurait l'assurance d'une vinaigrette à l'onctuosité irreprochable.

Aujourd'hui, j'avoue que la vinaigrette de mon cousin était meilleure: plus riche, plus subtile, bref, d'une autre dimension. Parce qu'une vinaigrette, c'est un peu comme une personnalité: elle s'étoffe et évolue au fil des années et des expériences.

Monday, February 04, 2008

vu, lu, ou entendu cette semaine









"Je suis modérément religieux, mais je considère ceux qui ne croient pas à l'existence de Dieu plus bornés que ceux qui y croient. Aujourd'hui, la personnalité est éclatée. Seul le sens de Dieu donne l'unité. Sans Dieu, vous ne serez jamais en harmonie avec le reste du monde."
Emir Kusturica

Monday, January 21, 2008

brokeback caution - lust mountain (Ne pas lire si vous voulez préserver le suspens des deux derniers films d'Ang Lee)

La force des grands cinéastes est de nous énoncer certains truismes tellement clichés, tellement ressassés, mais avec tellement d'intensité, d'esthétisme, et de sincérité, que l'on a finalement l'impression de se les réapproprier avec une certaine gravité: comme si l'on n'en avait pas saisi le sens profond jusque-là.

Ainsi les deux derniers films d'Ang Lee, Brokeback Mountain et Lust Caution, nous (ré-)enseignent-il que l'amour ne triomphe pas de tout.

"Bien sûr que non, comment pourrait-il en être autrement?" s'exclamerait n'importe lequel n'entre nous n'ayant pas eu la chance de voir ces deux chefs d'oeuvre de notre réalisateur taiwanais préféré.

Pourtant, à mi-chemin des deux films d'Ang Lee, tout ne parait pas aussi évident. Au contraire: on se surprend à croire que les deux cowboys de l'Amérique puritaine arriveront à dépasser les conventions sociales, et que le Chinois collaborant avec l'occupant nippon et la Chinoise résistante chargée de l'attirer dans un piège mortel arriveront à dépasser les obligations partisanes. Pour s'aimer.

Mais lorsqu'essayant de sauver son amant collabo, l'héroïne échoue et se retrouve au bord d'une falaise, agenouillée, attendant l'exécution finale, Ang Lee nous répond cruellement qu'il n'en est rien. Que l'amour ne peut pas tout. Qu'il faut arrêter de rêver.

Ou alors juste un peu, le temps d'une séance de ciné.