J'ai été sollicité aujourd'hui pour rejoindre le Club XXIème siècle. Cette association regroupe 300 Français d'origines étrangères et tente d'influencer les pouvoirs politiques, économiques, et médiatiques pour introduire plus de diversité au niveau des décideurs. Un groupe de lobbying en quelque sorte, pour qu'un jour, un noir puisse être à la place de Bébéar, un jaune à celle de PPDA, et un beur à celle de Nicolas.Bien sûr, le Club XXIème siècle ne s'active pas que dans les couloirs des centres de pouvoir. Il mène des actions de terrain pour aider concrètement le jeune de couleur dans son intégration à l'école, à la fac, et au début de son parcours professionnel. Mais la valeur première du Club réside dans son potentiel d'influence, car pour lutter contre la discrimination, il n'y a pas trente-six solutions.
On peut instaurer des règles pour contraindre les privilégiés à accueillir parmi eux un certain nombre de discriminés. En théorie, cette discrimination positive est criticable puisque par définition, elle lutte contre une forme de discrimination par une autre forme de discrimination. Dans la pratique, elle ne ferait pas de mal et je ne suis pas contre. En réalité, la discrimination positive n'a aucune chance de se généraliser en France, pays qui chérit tant l'égalité, qu'au nom de ce principe elle ignore une réalité profondément inégalitaire.
On peut aussi faire du bruit, manifester pour plus de diversité, médiatiser les victimes de discriminations, dénoncer haut et fort ces élites fermées et leur tendance à la cosanguinité: bref culpabiliser les gens d'en haut pour les inciter à plus d'ouverture. Cette tactique convient bien à notre propension à râler. Mais elle se heurte à un problème: les élites s'en moquent. Ca ne les a jamais empêchés de dormir de savoir que quelques rassemblements ici et là rappellent bruyamment le principe d'égalité.
On peut finalement juger que ni les projets de lois, ni les manifestations n'auront d'effet sur la promotion de la diversité en France, et que pour secouer un minimum l'élite en place, il faut la confronter à un groupe disposant d'un pouvoir équivalent: le même niveau d'étude, le même niveau social, les mêmes réseaux d'influence...
Je ne sais pas si j'ai ma place dans ce club, mais je vais m'y investir en hommage à son approche pragmatique de l'intégration républicaine.
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