Monday, April 30, 2007

vu, lu ou entendu cette semaine

Ce qu'un cours de sciences politiques de quatre heures n'aurait pas pu expliquer, une amie me le résume fastoche, entre deux stations de métro séoulite, et c'est la révélation:

"la politique, c'est comme un drama coréen: les personnages changent, mais le scénario est toujours le même."

Mais bien sûr: cette envie de connaître la fin de l'histoire, de regarder le dernier épisode de ce drama, alors même qu'on devine aisément que l'amour impossible sera, au bout du compte, possible.

Comment ne pas le comparer avec le secret espoir qui nous anime en allant voter, alors même qu'on devine aisément que le changement possible sera, au bout du compte, impossible.

Saturday, April 28, 2007

J'ai joué pour moi-même...

«Il y avait un public, mais j'ai joué pour moi-même (...) J'ai demandé à Dieu de réconcilier les deux parties de l'Europe et de mon cœur».

Rostropovitch raconta par ces mots son interprétation improvisée de Bach au pied du mur de Berlin en novembre 1989. Pour seuls accompagnements, le brouhaha de la foule s'amassant autour de ce monument vivant de la musique, alors que le son des marteaux piqueurs oeuvraient pour la chute du monument de la honte.

Quoi de plus émouvant pour accompagner ce moment d'histoire où la moitié de la planète bascule du côté de la liberté, qu'une suite de Bach interprétée par un homme capable de s'opposer seul à l'empire soviétique.

Quel privilège pour ceux qui passaient par là alors que cet homme pose son tabouret, sort son instrument, et se met à interpréter Bach: spectateurs tolérés d'un moment où cet immense musicien ne joue pas pour eux, mais pour lui; témoins uniques d'une prière musicale pour un monde meilleur, et d'un homme qui ce jour là, incarna à lui tout seul la rencontre entre l'Art et l'Histoire.