"Paris est toujours en fête" répète mon père à chaque fois qu'il est à Paris, pensant reprendre une citation de Cocteau.Il semblerait que Cocteau ne soit pas l'auteur d'une telle phrase. Mon père s'est sûrement approprié le titre français de l'autobiographie d'Hemingway "Paris est une fête", ainsi que le "Paris sera toujours Paris" de Maurice Chevalier, pour clamer son "Paris est toujours en fête".
Sur le pont piéton reliant la rive gauche à Notre Dame, par un après-midi d'hiver doux et ensoleillé, le saxophoniste cotoie les rollerbladers. Ces derniers étalent leur talent aux yeux des passants, à coup de figures artistiques et de slaloms multicolores. Le saxophoniste joue "You go to my head" pour le plus grand plaisir d'un couple d'Italiens.
Ce couple s'improvise danseurs d'un moment, ne résistant pas à l'envie d'honorer cet air de jazz d'un slow maladroit au début, langoureux à la fin. Les passants eux, s'improvisent photographes pour immortaliser ce Paris en fête.
Cet épisode me renvoie dix ans en arrière, par un soir d'été pluvieux où, marchant près du Jardin du Luxembourg, je croise un couple abrité sous un porche, dansant un slow amoureux. Pour seule musique, les rires et applaudissements de leur enfant dans une poussette, spectateur privilégié de l'instant où se mêlent tendresse et beauté.
Hiver ou été, soirée ou journée, pluvieux ou ensoleillé, Paris est toujours en fête.
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