La musique de Bartok n'adoucit pas les moeurs, elle provoque l'angoisse, le désespoir.Ca ne va pas.
Ecouter "Musique pour cordes percussion et celesta" de Bartok me plonge dans une ambiance Hitchcockienne. A la différence que je ne suis ni dans une salle de cinéma, ni devant mon écran TV. Allô? Le héro de ce scénario, est-ce donc moi?
Ca ne va pas.
Le remède est simple pourtant: cliquer sur le bouton "stop" de mon iTunes pour sélectionner "No more trouble" de Bob Marley par exemple.
Mais voici le temps du troisième mouvement de cette oeuvre démente. Il s'ouvre sur le son d'un instrument de percussion qui évoque celui utilisé par les moines bouddhistes pour l'invitation à la méditation: le "moktak" en coréen, "muyu" en mandarin, ou "mokugyo" en japonais. Bob attendra un peu.
Pourtant, Bartok nous invite à tout, sauf à la méditation. Le rythme que propose son moktak est instable, frénétique par moment. L'oeuvre d'un moine qui, ayant ingurgité une quantité indécente de caféïne, essaie désespérément de se contrôler sans y parvenir.
Bientôt, les cordes prennent la relève. Leurs mouvements me rappellent ceux d'un banc de poissons parfaitement coordonnés, imprévisibles, et tournoyant autour d'un prédateur devenu la proie d'une masse impalpable, qui l'entraine dans la démence... Serais-je en train d'y basculer moi-même?
Ca va mieux.
Le quatrième et dernier mouvement s'achève. Je suis pris de soulagement, puis d'une envie: celle de me replonger dans l'univers de cette Musique pour cordes percussion et celesta de Bartok. Pour mieux comprendre.
Venez, vous aussi.


