Deux fois par semaine, je me rends à mon entraînement de taekwondo, pratique qui, en quelques années, est devenue essentielle à mon équilibre.
Vers la fin du cours, le maître nous demande d'effectuer quelques dernières foulées autour de la salle, en guise de mini-décrassage. Nous commençons donc à courir, vidés, mais apaisés, et ressentant une certaine complicité avec le groupe, pour avoir surmonté ensemble ces épreuves physiques. Un phénomène intéressant se produit alors: progressivement, les foulées de chacun se synchronisent et le maître, placé au milieu de cette ronde humaine, commence à taper des mains, bientôt rejoint par nous tous...
Une trentaine d'individus, habillés pareil, tournant en rond d'une même foulée, et tapant des mains en rythme. Cet exemple renvoie à la propension naturelle de l'homme à faire comme son prochain. René Girard appelle ça le mimétisme, qu'il considère comme le mécanisme fondamental du comportement humain.
Il y'a partout des manifestations de ce mimétisme. A toutes les échelles : de quelques taekwondoistes du dimanche, à un stade entier qui célèbre d'une même voix, d'une même séquence de mouvements effectués au millimètre et à la seconde près, le soixantième anniversaire du Parti.
D'où l'importance du modèle sur lequel portera notre envie instinctif de suivre...
Mindfulness, Deep Observation and Sherlock Holmes
10 years ago
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