Monday, April 11, 2005
Que sont-ils devenus?
Je regarde le train démarrer et les wagons vides défiler de plus en plus rapidement devant mes yeux : un wagon vide, deux wagons vides, trois wagons… Ah ben non, il n’est pas vie celui-là, il y’a un autre Indien assis sur une banquette : aussi bourré que celui qui faisait l’homme sandwich, avec le même sourire. Lui, plus pessimiste ou plus bourré que son frère d’alcool, n’a même par pris la peine d’essayer de sortir du train à temps. Il a préféré profiter de l’incident pour s’étaler sur une banquette qui s’était libérée. Il a toujours le même air béat et nous fait signe de la main (ou peut-être est-ce à ses camarades sur le quai). Ils sont cools ces Indiens quand même, j’ai presque envie de lui retourner son geste de fraternité et de paix trouvé dans l’alcool…
Le train continue de défiler et surprise dans les derniers wagons, un autre groupe de passager n’est pas sorti non plus. Ceux-là sont beaucoup plus nombreux, habillés comme des touristes avec leurs appareils photos autour du coup et surtout, nettement moins souriants. Certains sont vêtus de gros pulls University of quelque chose, d’autres arborent des casquettes à l’effigie d’une équipe de baseball. Pas de doute, il s’agit de touristes américains. Leurs regards sont intenses : un mélange d’anxiété, de crainte et d’appel à l’aide car ils réalisent qu’à la suite de l’annonce faite par le conducteur et incompréhensible pour eux, ils ont opté pour le mauvais choix : celui de rester dans le wagon, alors que tout le monde est descendu et que le train les emmènent maintenant vers un endroit inconnu, pour une raison qu’ils ignorent… Aujourd’hui, que sont-ils devenus ?
Tuesday, April 05, 2005
HLV
Son objectif est simple mais très (trop?) ambitieux et horriblement présomptueux... Le HLV donc, se propose de mesurer la valeur de la vie d'un homme. Ma motivation n'est pas de choquer gratuitement la moralité des gens ou d'enfoncer des portes ouvertes en clamant haut et fort que quand même, c'est terrible, la vie d'un Soudanais, ça compte bien moins que celle d'un Bostonien dans un avion s'écrasant sur une tour. Personne ne nie ces différences de valeur ; je me propose simplement de la mesurer.
Comment? Mon ébauche de méthodologie est perfectible, complètement irréalisable de manière exhaustive et scrupuleuse. Néanmoins, le principe de base que je trouve intéressant est le suivant. Pour chaque événement ayant causé des morts humaines:
- détecter exhaustivement la couverture média de cet événement, sans limite géographique, et jusqu'à un mois après l'événement;
- calculer la somme des montants investis par les annonceurs pour un passage pub à cette occasion (ex. le coût de passage d'une pub avant un JT consacrant sa une à l'événement, ou le coût de la pub en 4ème de couverture d'un magazine consacrant sa une à l'événement, etc.) ;
- diviser cette somme par le nombre de morts ;
- et vous obtenez le HLV du ou des morts pour cet événement.
Bien sûr, il faudrait prendre en compte l'inflation des prix pratiqués au cours des années ou alors ne comparer que deux HLV rapprochés dans le temps, et tenir compte d'une multitude d'autres paramètres...
Au final, je pense qu'on aboutirait à un indicateur peu précis mais quand même intéressant. On pourrait par exemple calculer le HLV d'un Indonésien mort lors du tremblement de terre, (non pas le Tsunami, le tremblement de terre d'il y'a quelques semaines qui a un peu barbé tout le monde; un peu comme pour la sortie du deuxième volet d'un film à succès, rarement à la hauteur du premier...), on le comparerait au HLV du Pape et on se rendrait compte qu'oh ben dit donc! la vie du Pape vaut 314 748 fois celle d'un indonésien qui a péri lors du tremblement de terre. Pile le contraire de ce que le Pape prônait...