Monday, February 14, 2005

Savoir consommer

Le métro est un moment particulier de la journée. Plusieurs activités sont envisageables une fois monté dans le wagon: lire un journal ou son livre, écouter la musique de son baladeur, dormir, ou encore attendre que ça se passe en regardant les gens. Je fais partie de ceux qui alternent les activités, avec le soir, une préférence pour l'observation de la faune underground tellement riche en âges, classes sociales et en couleurs.

Aujourd'hui j'ai remarqué une famille de Chinois fraîchement débarqués de leur campagne très reculée de la République Populaire: un jeune couple avec leur fils qui n'avait pas plus de 5 ans. Pour savoir qu'ils viennent d'un coin reculé de la République Populaire et non pas de Pékin, Shanghaï ou Hong-Kong, c'est très simple, il suffit d'analyser leurs achats : quand on achète trois marques différentes de jus d'orange, des yaourts allégés, et autant au lait entier, le tout couvrant toute la palette de parfums de yaourt possibles et imaginables, c'est qu'on n'a pas encore d'habitude de consommation et que l'abondance des produits et la diversité des marques nous donnent envie de tout essayer, avec l'espoir naïf que chaque achat dans une même gamme de produits procurera une satisfaction bien distincte...

Thursday, February 03, 2005

Ce qui était vaut mieux que ce qui sera?

En parcourant un recueil de magazines L'Express, je suis tombé sur une interview de Marguerite Yourcenar en février 1969 : pour elle, croire que ce qui était vaut mieux que ce qui sera est "une illusion dont l'histoire vous guérit"... Du coup, je me dis que j'ai bien intitulé mon blog!
Je tombe ensuite sur un entretien avec François Mauriac pour qui "la planète dans laquelle habiteront [nos] enfants n'est plus celle que j'ai connue et aimée." Merde... Pour autant Mauriac précise plus loin qu'il est rempli d'espérance. C'est une espérance chrétienne, comme une lumière qui "brille en lui". Constater qu'après cinquante ans de communisme, le christanisme n'est pas mort en URSS est pour lui un signe d'espérance dans un monde de tarés : "Dans cet univers affolé où tout finit par se confondre, j'ai l'impression que Dieu lui-même résiste et nous dit : "Je suis là. Ne craignez pas""...
Yourcenar croit en l'Etre et en l'Existence, une force qui existe en chacun de nous mais dont malheureusement "les gens ne tirent pas grand chose". Mauriac croit en Dieu et son fils Jésus. Deux immenses écrivains à la fin de leurs vies et deux visions opposées du lendemain, mais la même sérénité, résultat des réflexions de toute une vie.
Pour moi aussi, demain sera meilleur.